Sécurité routière : les feux de détresse ne sont pas une baguette magique

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S’arrêter en double file, pourtant interdit, mais allumer ses quatre feux clignotants — que certains appellent feux de détresse — est-ce que cela rend la situation acceptable ?

Sécurité routière : les feux de détresse ne sont pas une baguette magique

Nous ne sommes pas dans l’univers d’Harry Potter, et ces feux ne transforment pas un arrêt ou un stationnement incorrect en quelque chose de légal. Leur utilisation est en réalité très encadrée par le Code de la route et ne concerne que des situations bien précises.

Des usages bien définis par la réglementation

Les feux de détresse sont tout d’abord utilisés par les bus scolaires pour signaler la montée ou la descente d’enfants. Dans ce cas, les autres conducteurs doivent fortement ralentir et, si nécessaire, s’arrêter.

Ils peuvent également servir à signaler un véhicule en panne ou accidenté, ou encore une perte de chargement sur la chaussée. Leur utilisation est alors facultative, mais vivement recommandée, en complément du triangle de signalisation, qui reste obligatoire.

Enfin, ils peuvent être utilisés pour signaler un danger imminent. Le cas typique est un ralentissement brusque du trafic : activer ses feux de détresse permet alors d’avertir les véhicules qui suivent d’une situation potentiellement dangereuse.

Attention aux usages abusifs

En revanche, rien ne prévoit leur utilisation pour “s’excuser” d’un mauvais stationnement, ni pour justifier un arrêt en double file.

De même, certains usagers les utilisent dans d’autres situations non prévues, comme lors de remontées de files à moto. Même si une certaine tolérance peut exister sur le terrain, cela ne constitue en aucun cas une règle, et il reste toujours possible d’être verbalisé.

Pour ce qui concerne le stationnement en double file, il faut d’ailleurs savoir que allumer ses feux de détresse ne protège pas d’une sanction. Au contraire, les forces de l’ordre peuvent cumuler les infractions : celle liée à l’arrêt gênant, et celle liée à l’usage abusif des feux de détresse.

Mieux vaut donc ne pas s’y tromper : ces feux ne sont pas une solution de facilité, mais un dispositif de sécurité à utiliser uniquement dans les situations prévues.

 

Commissaire Olivier Quisquater

Police de la Route