L’impact direct des RCCU sur la société

En ce mois de décembre, le calendrier 2023 de la Police Fédérale met à l'honneur, dans le cadre de l'#EmployerBranding, les enquêteurs ICT de la Police Judiciaire Fédérale (PJF). Une occasion en or pour faire connaissance avec nos cyberexperts :  Christophe Van Bortel (PJF Anvers) et Christophe Axen (PJF Liège) nous expliquent comment ils concilient leurs deux passions, l’informatique et le travail policier.

L’impact direct des RCCU sur la société

Recherche spécialistes de tous horizons !

Ils s’appellent tous les deux Christophe et sont tous les deux chefs de service adjoints d’une Regional Computer Crime Unit (RCCU). Par ailleurs, l’un comme l’autre sont des visages connus de la lutte contre la cybercriminalité à la Police Fédérale : les commissaires Van Bortel (PJF Anvers) et Axen (PJF Liège) ont en effet pour rôle de communiquer de façon simple et efficace afin de faire connaître l’expertise de la PJF dans ce domaine. Une lutte jamais ennuyeuse, qu’il faut mener avec professionnalisme et avec les bonnes personnes (en nombre suffisant)... "Nous sommes confrontés à un déficit criant de personnel", explique le commissaire Van Bortel. "Notre équipe déborde d’idées pour devancer les cybercriminels. Toutefois, pour agir rapidement et efficacement, il faut disposer d’un soutien informatique de qualité et de personnel compétent. Nous sommes à la recherche de spécialistes dans diverses branches, comme des ingénieurs, des mathématiciens, des techniciens, à même de développer des solutions techniques pour nos enquêteurs des RCCU et, par extension, pour toute la Police Intégrée, afin de leur permettre de se consacrer pleinement à leurs dossiers forensiques/informatiques, ainsi qu’aux affaires de cybercriminalité. Souvent, les nouvelles applications de nos ingénieurs ne dépassent pas le stade du proof of concept... Actuellement, nous nous concentrons sur nos tâches essentielles et travaillons réactivement plutôt que proactivement. Mais nous pouvons en faire tellement plus ! Pour vous donner un exemple, nous pourrions prendre une longueur d’avance en explorant certains médias sociaux prisés des cybercriminels, comme Telegram, et en rassemblant des informations sur les outils que ceux-ci utilisent. Mais cela nécessiterait un changement culturel... et au moins 20 personnes de plus."

Des dossiers gérés de A à Z 

À l’instar de son collègue néerlandophone, le commissaire Axen a commencé sa carrière dans le secteur privé. "Au fond de moi, j’ai toujours voulu être policier. Lorsque mon frère jumeau (l’inspecteur principal Pascal Axen, enquêteur à la ZP Basse Meuse) m’a évoqué l’ouverture de postes pour des spécialistes en informatique, je n’ai pas hésité une seconde. Je voulais être utile à la société." 

Les deux RCCU comptent une trentaine de collaborateurs. Elles offrent, d’une part, toute une série d’appuis lors des perquisitions, notamment via l’extraction de données sur les appareils, effectuent des recherches sur les véhicules, ainsi qu’en OSINT (Open Source Intelligence, données disponibles librement en ligne) et, d’autre part, traitent et gèrent de A à Z les dossiers de piratage et sabotage informatiques. "Nous sommes un peu comme des médecins", poursuit Christophe Axen. "Nous traitons de nombreux cas, des dossiers très variés. C’est assez enthousiasmant et l’on voit qu’en creusant, on peut obtenir de beaux résultats. Dernièrement, un homme avait posté une série de photos d'une jeune fille mineure dénudée avec un arrière-plan particulier, laissant penser à un décor d'une chambre d'hôtel. Nous sommes parvenus à remonter jusqu’à lui en consultant les sites Internet des hôtels de la région de Liège, avons trouvé la chambre et ensuite, l’identité de l’homme en nous rendant sur place… C’était une vraie satisfaction de parvenir à le retrouver !"

L’impact direct des RCCU sur la société

Un puzzle 

Pour Christophe Van Bortel aussi, le fait de contribuer directement et de manière utile à la société constitue une importante source de motivation. "Les dossiers que nous traitons dans le cadre de la lutte contre la cybercriminalité sont tous intéressants. Regardez le port d’Anvers et ce qui s’y passe pour le moment. Les criminels actifs dans cette zone recourent eux aussi à des techniques avancées : pour nous tous, c’est absolument passionnant de suivre ces développements. Cela reste un jeu du chat et de la souris, mais nous possédons des armes secrètes... En définitive, chaque enquête est comme un puzzle : il faut chercher des pièces et les assembler. Même s’il nous en manque certaines, cela suffit pour identifier et poursuivre les criminels. Le côté palpitant des enquêtes, c’est quelque chose qu’on ne retrouve pas dans le privé. Un jour, c’est calme, et le lendemain, c’est branle-bas de combat. Nous devons faire preuve de flexibilité ; en revanche, nous jouissons d’une grande autonomie pour mener nos enquêtes. 

De plus, nous travaillons dans un environnement innovant, de haute technologie. Bref, pour moi, il n’y a pas de job plus passionnant que celui-ci. Auparavant, c’était plus compliqué d’attirer des travailleurs du secteur privé, mais la rémunération ne devrait à présent plus constituer un obstacle. Il ne faut pas être Schwarzenegger pour travailler ici ; nous recherchons une multitude de profils (voir ci-dessus) et sommes constamment en quête de talents."

L’impact direct des RCCU sur la société

Envie d’aller plus loin ?

"Pour évoluer chez nous, je dirais qu’il faut de la passion mais aussi une bonne capacité d’autonomie", termine Christophe Axen. “Nous recrutons notamment via les stagiaires des hautes écoles proposant des bacheliers en informatique. Chez nous, 60 % des collègues sont des spécialistes en informatique et 40 % sont des policiers intéressés par cette matière.”

Vous aussi, vous voulez combattre la cybercriminalité et enquêter sur des cas de piratage, de fraude sur Internet, etc. ? Les cybercriminels font chaque jour plus de victimes : vous pouvez vous aussi faire en sorte que ces infractions ne restent pas impunies !