De la fraude informatique à la fraude physique : un phénomène hybride de plus en plus marqué

Dans le cadre du mois de la cybersécurité, nous revenons sur les arnaques aux faux policiers. Une escroquerie qui se diversifie. Ces derniers mois, les zones de police constatent de plus en plus de cas où la cybercriminalité évolue vers des escroqueries physiques. Un faux policier (ou un faux banquier) débarque au domicile d’une victime pour soi-disant l’aider à échapper à une fraude informatique... Explications. 

De la fraude informatique à la fraude physique : un phénomène hybride de plus en plus marqué

« Depuis un an environ, nous recevons régulièrement des plaintes liées à des phénomènes impliquant de faux agents de police ou de faux banquiers. Je dirais que cela arrive au moins une fois par semaine », confie l’inspecteur principal Tijl De Groot, team leader de la section cyber au sein de la zone de police Bruxelles CAPITALE Ixelles.  

Mais depuis le Covid, le phénomène prend de nouvelles formes. « En général, cela commence avec une fuite de données. Un faux policier ou faux banquier vous contacte par téléphone en expliquant qu’il mène une enquête concernant une tentative de fraude, que vous courrez un danger et qu’un de ses collègues sera envoyé chez vous pour sécuriser votre argent. Une personne vient ensuite récupérer vos cartes de banque et vos codes mais également parfois des objets de valeur… » 

Nous vous rappelons qu’aucun banquier ne vous fixera un rendez-vous à domicile. Quant aux policiers, ils se déplaceront la plupart du temps après un contact préalable de votre part. « Outre l’ampleur du phénomène, nous sommes inquiets que cela mène un jour à de la violence, comme un homejacking, par exemple… », ajoute Tijl De Groot, dont les collègues ont déjà procédé à plusieurs arrestations. « Certains citoyens nous appellent avant que le faux policier ne passe à l’action car ils ont un doute. Nous avons ainsi pu interpeller des auteurs en flagrant délit ! » 

Un phénomène qui évolue 

Les victimes sont en général des personnes âgées, peu formées aux nouvelles technologies. « Quant au profil des auteurs, il évolue aussi. Ils ne sont pas nécessairement hyper doués en informatique mais très forts en manipulation. Ce ne sont pas des brouteurs basés à l’étranger, comme on pourrait l’imaginer. Ils sont bien souvent issus de bandes actives localement », détaille Tijl De Groot. 

Face à ce phénomène, nous invitons les citoyens à la plus grande prudence : 

  • N’hésitez jamais à demander la carte de service d’un policier (un banquier ne se rendra jamais à votre domicile mais vous accueillera sur rendez-vous directement dans sa banque). 

  • Personne ne peut vous demander votre code PIN, ni d’utiliser votre digipass ou votre identifiant Itsme. 

  • Si vous êtes victime d’une fraude, portez plainte et contactez Cardstop/Fraudstop, disponible 24/24 au 078.170.170.