Sécurité routière : davantage d’accidents de deux-roues pendant la bonne saison
L’Agence wallonne pour la sécurité routière a récemment publié des statistiques d’accidents qui montrent que 76 % des accidents de deux-roues se produisent sur 7 mois, d’avril à octobre. Il y a donc clairement un lien entre la bonne saison et le nombre d’accidents. Une part importante des collisions a lieu le week-end (40 % pour les motards et 29 % pour les cyclistes), et dans plus de 90 % des cas, elles surviennent par beau temps.
Reprise de la route et vigilance partagée
C’est d’ailleurs pour cela que l’on martèle souvent les conseils au printemps, à destination des motards et des cyclistes. Certains d’entre eux ont peu ou pas roulé pendant l’hiver et attendent le retour des beaux jours pour ressortir leur deux-roues. Le premier conseil est donc de reprendre réellement en douceur.
Mais il est tout aussi important de rappeler aux automobilistes les règles qui concernent les deux-roues. En effet, lorsqu’un deux-roues est impliqué dans une collision avec un autre usager, il s’agit d’un automobiliste dans 8 cas sur 10 (81 % en moyenne).
Bien sûr, cela ne signifie pas que les automobilistes sont systématiquement responsables. Mais l’AWSR constate malgré tout un manque de connaissance de certaines règles spécifiques aux deux-roues, ce qui peut contribuer à expliquer ces chiffres.
Des règles encore trop souvent méconnues
L’AWSR relève ainsi qu’un usager sur trois ignore que les motards peuvent remonter les files. Certes, cette manœuvre est encadrée, mais si l’on ne sait pas qu’elle est autorisée, le risque est plus grand d’être surpris et de couper la trajectoire d’un motard.
Puisque de nombreux usagers ignorent cette règle, il est d’autant plus important pour les motards de rester prudents et de respecter les conditions de la remontée des files. Les principales règles sont simples : se faufiler à maximum 50 km/h et ne pas dépasser les véhicules à plus de 20 km/h de différence. Il faut donc adapter sa vitesse à celle du trafic, et cesser la manœuvre si les files roulent au-delà de 50 km/h.
L’AWSR constate également que peu d’automobilistes connaissent la distance à respecter lorsqu’ils dépassent un cycliste, alors que cet écart est essentiel pour la sécurité. Il doit être de 1 mètre en agglomération et de 1,50 mètre hors agglomération.
Rappelons aussi que hors agglomération, les cyclistes peuvent circuler à deux de front en permanence, sauf si le croisement est impossible. Inutile dès lors de s’impatienter lorsque l’on se trouve derrière eux.
Si la distance de dépassement ne peut pas être respectée, il convient de patienter et de rester derrière le cycliste jusqu’à pouvoir effectuer la manœuvre en toute sécurité. Il est parfois nécessaire d’accepter de perdre quelques secondes… pour éviter des conséquences beaucoup plus graves.
Commissaire Olivier Quisquater
Police de la Route