Sécurité : Cyclistes, une exception doit rester une exception !

Pour faciliter la mobilité des cyclistes, le législateur leur a aménagé certaines exceptions intéressantes, mais puisque ce sont des exceptions, cela veut aussi dire qu’il faut s’y tenir de manière stricte.

Pensons tout d’abord au sens unique limité. Depuis plus de 20 ans, un gestionnaire de voirie peut autoriser les cyclistes à remonter à contresens un sens unique. Pour cela, il ajoute de la signalisation aux accès de la rue concernée, pour prévenir tout le monde. Si c’est le cas, c’est que les conditions sont réunies pour que ça ne pose pas de soucis de sécurité majeurs. A contrario, si un gestionnaire n’a toujours pas, 20 ans plus tard, laissé cette possibilité à tel ou tel sens unique, c’est qu’il estime que les conditions ne sont pas réunies pour l’autoriser. Il est alors important pour les cyclistes de respecter ce choix, et de ne pas remonter un sens unique qui ne leur est pas accessible à contresens. C’est d’autant plus risqué qu’aucune signalisation n’informe les autres usagers de la possibilité de rencontrer un cycliste à contresens.

Panneaux vélo

Une autre exception notable, plus récente celle-là, est l’autorisation pour les cyclistes de franchir certains feux au rouge ou à l’orange si un signal le prévoit. Il s’agit des signaux B22 et B23. Le panneau B22 autorise les cyclistes à franchir un feu rouge ou orange afin de tourner à droite, et le signal B23 les autorise à aller tout droit à un feu rouge ou orange. Ajoutons que le texte de loi précise qu’ils doivent alors céder le passage aux autres usagers. Ils doivent donc laisser passer tant les piétons que les conducteurs qui franchissent le carrefour au vert dans leur sens de circulation. En pratique, on constate néanmoins que cet avantage ne suffit pas toujours à certains cyclistes, qui franchissent le feu rouge ou orange pour aller dans une direction qui n’est pas autorisée. Souvent pour aller tout droit là où ils ne peuvent que virer à droite. Rappelons que ceci reste une infraction grave et qui provoque qui plus est un énervement profond chez les autres conducteurs, et on peut les comprendre. Aucun automobiliste n’a envie un jour de se retrouver avec un cycliste sur le capot, même si c’est suite au comportement inconscient de ce dernier. Et d’une manière plus générale, si on veut être respecté par les autres usagers, il faut soi-même avoir un comportement respectable et responsable. Mais franchir les feux sans autorisation ne fait pas partie des comportements respectables et responsables.

Panneaux franchissement vélo

 

Commissaire Olivier Quisquater
Police de la Route