Rapport annuel 2025 de la Police Fédérale : expertise de pointe dans divers domaines

Ce 11 mars, le commissaire général Eric Snoeck a présenté le rapport annuel 2025 de la Police Fédérale. Celui-ci met en lumière les résultats opérationnels et les activités des 14 000 membres de la Police Fédérale dans le cadre de ses missions clés.

Rapport annuel 2025 de la Police Fédérale : expertise de pointe dans divers domaines

Le rapport annuel 2025 de la Police Fédérale peut être consulté dans son intégralité sur rapportannuel.policefederale.be.

Pour chaque mission clé – allant du travail d’enquête approfondi contre la criminalité organisée et la cybercriminalité à la fonction de police sur les voies de communication et aux frontières, en passant par l’appui spécialisé –, nous mettons en lumière les chiffres ou les réalisations les plus remarquables dans le rapport annuel. Ceux-ci résultent de l’effort commun déployé par nos collaborateurs et collaboratrices des différents services et directions partout dans le pays pour mener à bien les missions qui nous ont été confiées.

Plus de 4 000 nouveaux dossiers d’enquête
En 2025 aussi, la Police Fédérale s’est investie dans les phénomènes criminels complexes. Les équipes d’enquête de la Police Judiciaire Fédérale ont ouvert 4 011 nouvelles enquêtes dans tout le pays, pour un total de 6 856 enquêtes en cours sur la criminalité complexe et organisée.

La Police Judiciaire Fédérale a consacré la majeure partie de sa capacité d’enquête à la criminalité liée à la drogue (20 %), suivie par les faits de violence (18,5 %) et le blanchiment d’argent (13,5 %).

L’année 2025 confirme la pertinence et la robustesse de l’approche visant à briser le modèle économique criminel (follow the money & catch the value). Sur les 4 011 enquêtes ouvertes, 1 056 dossiers EcoFin ont été initiés, dont 804 pour des faits de blanchiment. Cette proportion illustre une intégration croissante de la dimension financière au sein des enquêtes, renforçant la capacité d’atteindre directement les flux criminels.

La Federal Computer Crime Unit (FCCU) a ouvert 143 enquêtes relatives à la cybercriminalité en 2025, telle que le piratage, le sabotage informatique et le ransomware. Mais dans la pratique, le champ d’action des Computer Crime Units s’étend bien au-delà. Les dossiers en matière de fraude aux investissements dans les cryptomonnaies et de possession et diffusion d’images d’abus sexuels sur mineurs requièrent également une cyberexpertise approfondie.


Près de 5 000 années d’emprisonnement prononcées dans les dossiers judiciaires
Quelques chiffres illustrant les résultats des enquêtes de la Police Judiciaire Fédérale : 

  • Au total, quelque 59 000 suspects ont été identifiés – soit 160 par jour en moyenne –, principalement en lien avec des dossiers de drogue (11 210), de blanchiment d’argent (8 317) et de violence (5 427).
  • Au total, plus de 195 millions d’euros d’avoirs criminels ont été saisis.
  • Les enquêtes ont conduit à l’arrestation de 3 042 personnes.
    Dans les dossiers de la Police Judiciaire Fédérale, le tribunal a prononcé 1 521 condamnations, pour un total de 4 756 années d’emprisonnement.

L’approche administrative de la criminalité organisée, en sa qualité de pilier complémentaire essentiel au travail d’enquête classique, a encore été renforcée. La collaboration entre la police, les services d’inspection et les autorités locales contribue à la détection précoce et à la lutte structurelle contre la criminalité déstabilisante. Les 13 centres d’information et d’expertise d’arrondissement (CIEAR) de la Police Fédérale ont enregistré collectivement 2 008 missions accomplies dans le cadre de leurs attributions légales, dont un quart d’avis juridiques.

Des milliers de collaborateurs et collaboratrices de la Police Fédérale (les « services de première ligne ») sont en contact direct avec la population afin d’assurer la fonction de police de base. Ils opèrent sur des terrains spécifiques : sur les autoroutes, au niveau des voies ferrées, des voies navigables et dans les aéroports.

La Police de la Route a ainsi organisé 6 000 actions de vaste ou petite ampleur (16 par jour en moyenne), axées sur une ou plusieurs thématiques (alcool, drogue, vitesse, ceinture de sécurité, distraction au volant...) dans le but d’accroître la sécurité et de diminuer le nombre de victimes sur nos routes.

40 000 contrôles frontaliers par jour en moyenne
Le contrôle aux frontières constitue également une forme de contact de première ligne avec les citoyens et revêt une importance capitale pour la sécurité du pays. En matière de sécurité, la frontière en tant que « facteur d’impact » joue un rôle dans de nombreux domaines, du trafic d’êtres humains au terrorisme en passant par le trafic de drogue et les vols.

En 2025, les services de première ligne de la Police Fédérale ont contrôlé 14,2 millions de passagers aux frontières extérieures de l’espace Schengen, soit 40 000 par jour en moyenne. 

  • Les policières et policiers dans les aéroports belges ont contrôlé 10 477 870 passagers. Les contrôleurs aux frontières ont renvoyé 29 425 personnes vers leurs collègues de deuxième ligne pour un contrôle plus approfondi.
  • La Police des Chemins de Fer de Bruxelles-Midi a contrôlé 2 622 592 passagers Eurostar et dressé 121 procès-verbaux (notamment pour des séjours irréguliers).
  • La Police de la Navigation a contrôlé 1 126 163 passagers (équipages compris) dans les ports maritimes.

En moyenne 15 nouvelles missions par jour pour les Unités spéciales
La spécialisation est dans l’ADN de la Police Fédérale. Des équipes hautement spécialisées fournissent un appui à la Police Intégrée dans de nombreux domaines : 

  • les Unités spéciales (DSU) ont effectué 5 429 missions, dont 100 perquisitions renforcées, 57 interventions de crise (Fort Chabrol, prise d’otage...) et 1 263 observations ;
  • les teams canins (DACH) ont effectué 6 695 missions, dont 700 pour la cellule Personnes disparues ;

les experts de la Police Technique et Scientifique ont réalisé 24 422 Crime Scene Investigations, soit 470 chaque semaine.

Recrutement
Attirer les bons profils, au bon moment et au bon endroit, par le biais de procédures rapides et modernes, demeure un défi majeur. En 2025, les efforts déployés en matière de recrutement ont été clairement récompensés.

En tout, 2 976 candidats ont réussi les épreuves de sélection pour une fonction opérationnelle, une augmentation de 20 % par rapport à 2024. Parmi ceux-ci, 1 790 lauréats étaient destinés à la fonction d’inspecteur de police (cadre de base).
En 2025, 1 231 inspecteurs de police ont terminé leur formation débutée en 2024. Plus d’un quart d’entre eux ont commencé leur carrière au sein de la Région de Bruxelles-Capitale.

Les campagnes de recrutement se poursuivent sans relâche. L’attention de la Police Fédérale s’est de nouveau portée sur les profils spécialisés IT et EcoFin, plus que jamais nécessaires.

ANPR@GPI
La Police Fédérale poursuit sa modernisation avec la mise en place d’un Digital Transformation Office (DTO). Cette réorganisation favorise la co-création avec la Police Locale, notamment dans le domaine de l’ANPR.

En 2025, une étape majeure a été franchie avec le raccordement progressif des caméras ANPR de Bruxelles à la plateforme nationale ANPR@GPI. À la fin de l’année, plus de 400 caméras bruxelloises étaient intégrées dans ce système centralisé.

Ce projet illustre concrètement la transformation digitale de la Police Fédérale, qui vise à doter ses collaborateurs d’outils plus performants, plus efficaces et mieux adaptés aux besoins opérationnels.

Le rapport annuel 2025 de la Police Fédérale peut être consulté dans son intégralité sur rapportannuel.policefederale.be.

Citations

Le commissaire général de la Police Fédérale, Eric Snoeck : « Ce rapport annuel reflète avant tout l’engagement quotidien des 14 000 collaborateurs et collaboratrices qui s’investissent dans la sécurité et la qualité de vie dans notre pays. Leur professionnalisme et leur résilience constituent l’épine dorsale de notre organisation et permettent d’obtenir de tels résultats.
Notre défi est clair : être encore plus proche du terrain – dans le monde physique mais aussi de plus en plus dans le monde virtuel – tout en continuant à moderniser adéquatement notre organisation dans un environnement toujours plus complexe, et en accordant une attention constante à l’État de droit démocratique. »

Bernard Quintin, ministre de la Sécurité et de l'Intérieur : "Les chiffres contenus dans ce rapport annuel démontrent que le travail de la police est essentiel et porte ses fruits. Rien que l’année passée, la police a ouvert plus de 4 000 nouvelles enquêtes. Près de 69 000 suspects ont été identifiés et 195 millions d’euros ont été saisis.
La lutte contre la criminalité organisée et le narcotrafic est plus que jamais une priorité pour 2026 pour la Police Fédérale.
Face à des criminels qui s’adaptent chaque jour, nous continuerons évidemment à moderniser nos moyens d’action, à investir et à agir avec un seul objectif : garantir la sécurité des citoyens."

Ministre de la Justice Annelies Verlinden: « Avec la volonté claire de consacrer cette législature à une exécution des sanctions financières robuste et crédible, nous renforçons également la Police judiciaire fédérale avec 100 collaborateurs supplémentaires en plus des recrutements réguliers. Nous nous concentrons délibérément sur des profils financiers afin d’intensifier encore la lutte contre la criminalité économique et patrimoniale. En 2025, grâce aux nombreuses enquêtes de la Police judiciaire fédérale, pas moins de 195 millions d’euros d’avoirs criminels ont été saisis et les juges ont pu prononcer 1 521 condamnations. Ce sont des résultats impressionnants, qui témoignent déjà d’une approche approfondie et efficace. Ensemble, avec la Police et la Justice, nous poursuivons la construction d’une stratégie claire visant à briser le modèle économique du crime, ce qui affaiblit le fonctionnement des organisations criminelles et permet d’investir les moyens saisis dans la sécurité intérieure et la résilience de l’État de droit. »