Journée internationale contre la violence à l’égard des femmes

Ce 25 novembre, c’est la Journée internationale contre la violence à l’égard des femmes. Intervention, enquêtes, assistance aux victimes... toutes les composantes de notre organisation policière y sont confrontées. Cette fois-ci, mais pas seulement aujourd'hui, car c'est une problématique permanente, nous mettons l’accent sur l’assistance aux victimes. Nous nous intéressons en particulier au projet pilote « Centres de prise en charge des violences sexuelles » et au rôle de l’inspecteur des mœurs. 

Un Centre de prise en charge des victimes de violences sexuelles (CPVS) est un service au sein d’un hôpital auquel toute victime de violence sexuelle peut s’adresser en permanence pour des soins médicaux, une aide psychologique, un examen médico-légal, un dépôt de plainte auprès de la police si elle le souhaite, avec l'aide d'inspecteurs spécialement formés en matière de mœurs et, enfin, également en vue d’un suivi. 

Pour l'instant, il s'agit d'un projet pilote mené à Gand, Bruxelles et Liège, sous la coordination de l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes.  

Inspecteurs des mœurs 

Un inspecteur des mœurs est un policier/une policière qui a bénéficié d’une formation spécifique en vue de l’audition de victimes de violence sexuelles graves au sein d’un CPVS et du traitement des plaintes. Les inspecteurs des mœurs sont formés pour accomplir leur mission avec beaucoup de circonspection et d’empathie. Les victimes sont souvent traumatisées et éprouvent des difficultés à exposer les faits. Certaines ne souhaitent d’ailleurs pas le faire (dans un premier temps).   

« Croire a priori les victimes, c’est notre engagement » 

Le premier commissaire Olivier Slosse de la zone de police de Bruxelles-Capitale/Ixelles est le chef de projet pour la contribution de la police au Centre de prise en charge des victimes de violences sexuelles à Bruxelles : 

“Tout le monde a déjà entendu des anecdotes de mauvaise réception de victimes de violences sexuelles. Cependant, demandez aux policiers de terrain ce qu’il faut pour offrir un bon accueil aux victimes de violences sexuelles et vous aurez toujours la même réponse: ‘une infrastructure adaptée et du temps’.  

Depuis leur création, les Centres de prise en charge des violences sexuelles (CPVS) ont initié une vraie révolution du travail policier. Il y a désormais un nouveau type d’audition policière: l’audition d’une victime de violences sexuelles prise dans un CPVS. Uniquement des policiers formés peuvent procéder à ce type d’audition.  

Basées sur les recommandations internationales et académiques et construit sur ce qui bon pour les victimes, les CPVS constituent des lieux sûrs qui offrent Discretion, écoute, approche bienveillante et adaptée.  

Un premier contact de qualité permet non seulement de commencer l’enquête judiciaire sur le bon pied, mais nous pouvons aujourd’hui réduire considérablement le risque de victimisation secondaire.  

Aux collègues je dis : il y a maintenant des endroits où vous pouvez prendre le temps et faire les bonnes choses. 

Aux victimes je dis : si vous avez vécu une agression sexuelle, venez au CPVS, vous avez encore le temps de réfléchir si vous voulez déposer plainte. Et entretemps, vous êtes en de bonnes mains. Si vous le souhaitez, nous venons, et nous voulons savoir ce qui s’est passé. » 

« Une prise en charge globale pour chaque victime » 

La crise du coronavirus a (temporairement) contrecarré les plans du premier inspecteur principal-assistant de police Krista Vereecken (zone de police Hamme/Waasmunster), car sans les mesures de lutte contre le Covid-19, elle aurait déjà achevé sa formation d’inspecteur des mœurs.  

« J'espère pouvoir participer au rôle de permanence des inspecteur des mœurs du Centre de prise en charge des victimes de violences sexuelles (CPVS) à Gand à partir de début 2021.   

Lorsqu'une victime de violences sexuelles graves se présente au CPVS, une infirmière ou un infirmier médicolégal vérifie d'abord si elle souhaite déposer plainte. Si la victime ne souhaite pas encore déposer plainte, l’infirmière ou l’infirmier médicolégal peut toutefois préserver les traces et assurer la prise en charge et le soutien nécessaires.   

Si la victime souhaite déposer plainte (immédiatement ou plus tard), les inspecteurs des mœurs de garde sont contactés en vue de l’audition et de la saisie des échantillons (du prélèvement des traces).   

Grâce au CPVS, chaque victime peut bénéficier de la même prise en charge globale en un seul endroit.   

Nous avons déjà collaboré à plusieurs reprises avec le CPVS et les inspecteurs des mœurs de la zone de police de Gand, et tout s’est à chaque fois bien déroulé. Les victimes nous ont également fait savoir par la suite qu'elles étaient très satisfaites de la prise en charge et du soutien qui leur avaient été offerts. Elles se sont toutes montrées très positives par rapport à ce projet. Je me réjouis de contribuer à ce beau projet avec mes collègues de la zone de police de Hamme/Waasmunster ! »     

En savoir plus ? 

Centres de prise en charge des victimes de violences sexuelles – ww.violencessexuelles.be