Journée int. de la lutte contre la traite des êtres humains

Certains événements récents ont fait remonter à la surface le lourd passé esclavagiste des siècles derniers. Même s’il est important de pouvoir confronter ce passé à la critique historique, cela ne doit pas nous faire oublier que l’esclavagisme est loin d’avoir disparu au 21ème siècle.

L’esclavagisme moderne n’a pas de couleur, pas d’ethnie, pas de genre, pas de religion. La Traite des Êtres Humains, c’est son nom aujourd’hui, concerne toutes les formes d’exploitation de personnes vulnérables, par des individus dont l’unique motivation est l’accumulation de plantureux bénéfices.

Exploitation sexuelle, exploitation économique, exploitation de la mendicité, trafic d’organes ou exploitation aux fins de faire commettre des infractions pénales sont des activités criminelles particulièrement odieuses contre lesquelles nous luttons depuis de nombreuses années. La Belgique, depuis le début des années 90, est précurseur en ce domaine.
La Traite des Êtres Humains, tout comme le Trafic d’Êtres Humains, sont des phénomènes dont le champ d’activité est éminemment international. C’est pour cette raison qu’aujourd’hui, nous sommes aux côtés de nos partenaires internationaux afin de mener efficacement la lutte contre les esclavagistes et libérer de leur joug un maximum de victimes.

Comme chaque anées, nous nous associons à la campagne BLUE HEART menée sous l’égide des Nations Unies afin de rappeler à chacun l’importance de la lutte contre la Traite des Êtres Humains.

Quelques faits

  • À tout instant dans le monde, 2,4 millions de personnes victimes de la traite sont soumises au travail forcé (BIT, 2005).
  • Les femmes et les filles représentent 80 %, et les enfants entre 15 et 20 % des victimes. La traite des enfants a lieu dans toutes les régions du monde. Dans certains pays, c’est la forme de traite la plus courante (UNODC, 2009).
  • L’exploitation sexuelle représente environ 80 % des cas connus. Selon les spécialistes, la traite aux fins du travail forcé est un phénomène largement sous-estimé, ou alors fait généralement l’objet de poursuites au titre d’autres infractions (UNODC, 2009).
  • Dans 30 % des pays où l’on dispose de données sur le sexe des auteurs de la traite, les personnes condamnées pour des infractions liées à la traite sont majoritairement des femmes (UNODC, 2009).
  • Les Nations Unies estiment à 32 milliards de dollars les profits générés dans le monde par la traite des êtres humains (BIT, 2005).
  • Les données relatives aux cas avérés montrent que la traite s’effectue surtout au sein d’une même région, et que la traite entre les régions, bien qu’importante, est relativement moins fréquente (UNODC, 2008).
  • La traite à l’échelle nationale a été détectée dans au moins 32 des pays pour lesquels des données étaient disponibles, et dans certains d’entre eux, elle représente un problème de taille (UNODC, 2008).

La campagne Cœur bleu cherche à impliquer les gens et à mobiliser les organisations internationales, les gouvernements, la société civile, le secteur privé, ainsi que tout un chacun, dans la lutte contre la traite des êtres humains. Elle veut aussi permettre à la population de manifester son appui à la cause et sensibiliser l’opinion à l’urgence du problème pour encourager une action coordonnée. Le Cœur bleu doit devenir le symbole de la traite, au même titre que le ruban rouge est le symbole du VIH/sida.