Blue Heart : derrière les escroqueries en ligne se cachent parfois des victimes de la traite des êtres humains
La campagne #SCAM de la Police Fédérale s’est déroulée de la mi-février à la fin juin. Au moyen d’articles, de vidéos et de conseils de prévention, les citoyens ont été sensibilisés aux nombreuses formes d’escroquerie en ligne. La campagne s’adressait principalement aux victimes des cybercriminels. Mais il faut savoir que les personnes impliquées dans ces arnaques peuvent aussi être victimes de la situation.
Ce 30 juillet a lieu la Journée mondiale de la lutte contre la traite des êtres humains, une occasion de penser à toutes les victimes de ce phénomène.
Avec pour thème Trapped Behind the Scam, la campagne Blue Heart met en lumière cette année une réalité souvent invisible : derrière les escroqueries en ligne peuvent se cacher des victimes de la traite des êtres humains. Des réseaux criminels contraignent en effet ces personnes à travailler dans des scam centers (« centre d’arnaques ») afin d’envoyer des messages frauduleux et de participer à d’autres formes de fraude en ligne.
D’un job de rêve à l’exploitation
Partout dans le monde, des personnes sont recrutées au moyen d’offres d’emploi attrayantes, diffusées la plupart du temps via les réseaux sociaux, WhatsApp, Telegram ou LinkedIn. Les « recruteurs » leur font miroiter des emplois bien rémunérés à l’étranger, notamment dans le secteur du marketing numérique, du service à la clientèle ou des cryptomonnaies. Souvent, les criminels prennent même en charge leurs frais de voyage et de séjour. Une fois sur place, ces demandeurs d’emploi découvrent une toute autre réalité.
Ils sont en effet confrontés à la contrainte, à la violence, aux menaces et à une forme de contrôle psychologique. Dans certains cas, leurs documents d’identité leur sont confisqués et ils sont forcés de participer à des escroqueries en ligne. Celles et ceux qui refusent s’exposent à des mauvais traitements ou à d’autres sanctions.
Un phénomène mondial
Les scam centers ne sont pas une problématique locale ou régionale, mais un phénomène mondial. Les victimes sont recrutées et exploitées partout dans le monde ; des citoyens européens ont également déjà fait les frais de cette forme de traite des êtres humains.
Il en résulte un paradoxe étonnant : celles et ceux qui tentent d’escroquer d’autres personnes en ligne ne le font pas toujours de leur plein gré. Dans ce cas précis, les notions d’auteur et de victime sont étroitement liées.
Les profits générés par la fraude en ligne sont estimés à plusieurs dizaines de milliards de dollars. Ces revenus alimentent des réseaux criminels internationaux impliqués dans diverses formes de criminalité organisée, dont la traite des êtres humains.
La lutte contre les scam centers va au-delà de la répression de la cybercriminalité et de la criminalité organisée. Elle consiste surtout à protéger les victimes de la traite des êtres humains et de l’exploitation.
La coopération internationale : une absolue nécessité
Pour lutter efficacement contre ces réseaux criminels, une coopération internationale étroite entre les services de police et les autorités judiciaires est indispensable.
La Police Fédérale contribue activement à cette coopération dans le cadre de l’initiative EMPACT, dans laquelle elle joue un rôle de premier plan. Notre pays participe ainsi aux efforts européens et internationaux visant à combattre cette forme complexe de criminalité organisée.