15 ans d’ENFAST : la Belgique pionnière de ce réseau européen de recherche

Ce 8 novembre, ENFAST, le réseau européen de teams spécialisés dans la recherche de fugitifs, célèbre son quinzième anniversaire. Ce qui n’était il y a une quinzaine d’années qu’une idée ambitieuse a évolué pour devenir un véritable modèle en matière de coopération policière internationale. La Belgique a joué un rôle de précurseur dans ce processus : le Fugitive Active Search Team (FAST) de la Police Fédérale a été l’un des fondateurs du réseau.

15 ans d’ENFAST : la Belgique pionnière de ce réseau européen de recherche

La coopération sans frontières paie

La création d’ENFAST a découlé d’une nécessité manifeste. La plupart des fugitifs recherchés par les services de police cherchent à disparaître en franchissant les frontières nationales. Grâce à l’étroite collaboration et la confiance tissée entre les FAST des différents pays, des indices peuvent à présent être rapidement vérifiés et les fugitifs plus vite appréhendés.

« Aujourd’hui, il suffit d’un coup de téléphone pour vérifier si un indice est exact et si un fugitif se trouve bel et bien à tel ou tel endroit à l’étranger. C’est vraiment la valeur ajoutée d’ENFAST », explique le commissaire Gerry Van Loock, chef de service du FAST.

En 2024, le FAST belge a arrêté et localisé 105 criminels en fuite. La coopération internationale s’est avérée déterminante dans 59 de ces dossiers. L’équipe se concentre aussi bien sur les fugitifs condamnés que sur les membres d’organisations criminelles déstabilisantes pour la société, dont les High Value Targets dans des grandes affaires de stupéfiants.

La Belgique parmi les fondateurs

L’idée d’ENFAST a émergé en 2007, lors d’une conférence internationale organisée au Canada. À cette occasion, sous l’impulsion de la Belgique, de l’Autriche, des Pays-Bas et de l’Allemagne, le concept d’un réseau européen de fugitive teams a été mis en place. Trois ans plus tard, en 2010, ENFAST a été créé lors d’une conférence qui s’est tenue à Bruxelles dans le cadre de la présidence belge de l’Union européenne. Une résolution européenne approuvée à l’unanimité a conféré au réseau une existence officielle. Europol, Interpol et plusieurs pays non membres de l’Union européenne comme le Kosovo, la Serbie et la Macédoine du Nord y ont ensuite adhéré.

La première présidence d’ENFAST a été confiée à la Police Fédérale belge. En 2026-2027, le FAST belge va assurer collégialement la première triple présidence avec ses homologues français et luxembourgeois. Le soutien financier à la présidence d’ENFAST est assuré par le Fonds pour la sécurité intérieure (FSI) de la Commission européenne.

Impact international et innovation belge

Aujourd’hui, la Belgique demeure une des forces motrices au sein du réseau. L’année dernière, le commissaire Gerry Van Loock a été désigné membre de l’ENFAST Core Group, le bureau exécutif du réseau. Des initiatives belges telles que le trackhaton ont inspiré des collègues européens. En 2024, le premier ENFAST Trackathon a réuni plus de 90 participants issus de 33 pays et d’Europol. Durant les deux jours qu’a duré l’événement, 59 dossiers concernant des high value targets ont été examinés, ce qui a permis de mettre en évidence de nouveaux indices dans 50 dossiers, ainsi que de localiser neuf fugitifs.

En 2024, le FAST belge a célébré son 25e anniversaire. Il totalise 6 208 arrestations à son actif. Un an plus tard, l’équipe reste fidèle à sa mission : ne laisser aucun répit aux fugitifs, où qu’ils se cachent dans le monde.

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