La Police Fédérale met en garde contre l'exploitation croissante de mineurs en ligne

BRUXELLES, le 29-07-2021. – Dans le cadre de la Journée mondiale de la lutte contre la traite d’êtres humains le 30 juillet, la Police Fédérale entend mettre en lumière l’augmentation des cas d’exploitation sexuelle en ligne de mineurs. Le rôle croissant d’Internet dans ce phénomène se manifeste essentiellement lors des premiers contacts entre les exploiteurs et leurs victimes. La pandémie de Covid-19 n’est certainement pas étrangère à cette tendance, mais la police craint que celle-ci ne se poursuive après la crise sanitaire.

Depuis la pandémie de Covid-19, le service central Trafic/Traite d’êtres humains de la Police Judiciaire Fédérale observe de manière générale un recours accru au digital dans le monde de la prostitution. En matière d’exploitation, il est devenu plus complexe pour les services de police d’identifier et d’arrêter les auteurs de ces faits. Depuis la crise du coronavirus, il n’est évidemment plus possible de recruter des victimes potentielles dans les bars et les discothèques. Ces activités se déplacent donc vers le monde digital, où elles sont encore moins visibles.

Un constat particulièrement inquiétant est que les victimes de la prostitution forcée sur Internet sont de plus en plus souvent des mineurs d’âge. S’il est encore trop tôt pour quantifier cette tendance, les indicateurs en Belgique comme dans le reste de l'Europe suggèrent que cette évolution pourrait être plus importante qu'il n'y paraît à première vue. Victimes potentielles, les jeunes gens vulnérables – plus particulièrement des filles – sont contactés par le biais des réseaux sociaux comme TikTok, Instagram ou Snapchat. Selon les services de police, il y a tout lieu de craindre que cette tendance se poursuive après la crise du Covid.

Face à cette évolution, la police souhaite souligner une fois de plus l'importance de l’éducation aux médias. Dans notre société digitale, les médias sociaux font partie intégrante de la vie des jeunes, mais ils comportent aussi des risques. Il est essentiel que les adultes en discutent avec eux, s'intéressent à leurs activités en ligne et les arment contre les personnes mal intentionnées qu'ils pourraient rencontrer sur les réseaux sociaux. Il importe en outre d'être attentif aux changements de comportement : si un jeune se replie soudainement sur lui-même ou commence à se comporter différemment, cela peut être un signe que quelque chose ne tourne pas rond.

Ce qui s’apparente à une mine d'or pour les criminels qui recrutent les jeunes, constitue un enfer pour les victimes elles-mêmes. Les premiers engrangent en effet chaque année des gains oscillant entre 251 et 374 millions d’euros rien qu’en Belgique ; les secondes doivent faire face aux abus physiques, à la consommation forcée de drogue, aux maladies sexuellement transmissibles, traumatismes psychiques, etc.