Luttons ensemble contre le harcèlement scolaire
Qu’il soit commis à l’école ou via les réseaux sociaux, le harcèlement scolaire peut avoir des conséquences majeures sur les victimes. À l’occasion de la Journée mondiale consacrée à la lutte contre celui-ci, il est important de rappeler que chacun a un rôle à jouer pour prévenir, détecter et combattre le phénomène.
Plus que jamais, la vigilance et la solidarité s’avèrent essentielles face au harcèlement scolaire. Nos experts vous délivrent leurs conseils.
L’article 237 du nouveau Code pénal définit le harcèlement comme : « Le fait de perturber gravement et intentionnellement la tranquillité d’une personne, même de manière unique ou par un seul acte, alors que l’on savait ou aurait dû savoir que, par ce comportement, on perturberait gravement la tranquillité de cette personne. »
Une évolution importante existe depuis l’instauration du nouveau Code pénal : « Il n'est désormais plus nécessaire de démontrer une répétition des faits. Un seul acte peut suffire à constituer une infraction lorsqu'il perturbe gravement la tranquillité de la victime et que l'intention ou la négligence coupable de l'auteur est établie », explique le commissaire Christophe Axen, responsable de la Regional Computer Crime Unit (RCCU) de Liège.
Les sanctions encourues peuvent aller d'une peine de travail à un emprisonnement de 6 mois à 3 ans. « Certaines situations peuvent entraîner une aggravation de la responsabilité de l'auteur : lorsque la victime est mineure, se trouve dans une situation de vulnérabilité, si l'auteur exerce une autorité, bénéficie d'une relation de confiance vis-à-vis de la victime ou lorsque les faits sont commis par plusieurs personnes en même temps. »
Le rôle essentiel des témoins
Face au harcèlement, les témoins occupent une position déterminante. « Le harcèlement fonctionne à travers la puissance du groupe. Il faut inciter les témoins à réagir, ce sont eux qui peuvent inverser la donne. Trop souvent, ils restent passifs par peur, par gêne ou parce qu'ils estiment que cela ne les concerne pas », détaille Christophe Axen, qui délivre régulièrement des conseils en la matière aux élèves d’écoles primaires et secondaires.
Comme il l’indique, être témoin c'est aussi avoir la possibilité d'agir :
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en ne restant pas simple spectateur ;
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en montrant clairement son opposition aux comportements de harcèlement ;
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en refusant de filmer, partager ou encourager les faits ;
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en les signalant à une personne de confiance ;
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en soutenant la victime.
Chaque geste de soutien peut contribuer à briser la dynamique du harcèlement.
Que faire lorsque l'on est victime ?
Être victime de harcèlement peut provoquer un sentiment d'impuissance. Il est néanmoins essentiel d'adopter les bons réflexes :
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ne pas répondre aux provocations et éviter toute vengeance ;
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en parler rapidement à une personne de confiance ;
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pour les plus jeunes, se tourner vers son MAX, dans le cadre du projet du même nom ;
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conserver toutes les preuves (captures d'écran, photographies, messages, témoignages, etc.) Cet élément s’avère particulièrement importante dans les situations de cyberharcèlement.
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signaler les faits à l'école ;
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déposer plainte auprès des services de police lorsque les faits constituent une infraction.
A l’école primaire et secondaire
Le commissaire Christophe Van Bortel, responsable de la Regional Computer Crime Unit de la Police Judiciaire Fédérale d'Anvers, est lui aussi présent dans les écoles pour délivrer des conseils, notamment en relayant deux campagnes de prévention, Kies kleur tegen pesten et Stip it. « Dans un groupe, tout le monde doit être bien accueilli. Si vous constatez des faits de harcèlement, n’y participez pas et essayez plutôt de détourner l’attention des harceleurs, en veillant cependant à ne pas vous mettre en danger. Signalez les faits à un adulte de confiance et apportez du soutien à la victime », recommande-t-il aux enfants des écoles primaires.
En secondaire, le phénomène du harcèlement évolue encore. Il peut prendre des formes très diverses (rumeurs, moqueries, insultes, humiliation, exclusion, …), allant des comportements « légers » à des situations extrêmement graves. « Il débute souvent via des groupes de discussion en ligne. Il est d’ailleurs important de rappeler que, dans de nombreux cas, ces comportements constituent des infractions pénales pouvant nécessiter l'intervention de la police », confie Christophe.
D’autres phénomènes aussi
En ligne, les jeunes sont aussi confrontés à d’autres phénomènes qui préoccupent nos cyberexperts. « On pense notamment à la sextorsion, au grooming, au doxing, à l'exposing (divulgation publique d’informations privées), au recrutement de mules financières via les réseaux sociaux et aux arnaques liées aux jeux en ligne », signale à son tour l’inspecteur principal Tijl De Groot, team leader de la section cyber au sein de la zone de police Bruxelles CAPITALE Ixelles.
Ensemble, faisons la différence
La prévention et l'éducation numérique restent les meilleurs moyens de se protéger face aux différents phénomènes. Quant au harcèlement, il n'est jamais une fatalité. « Refuser l'indifférence, soutenir les personnes ciblées et signaler les comportements inacceptables sont autant de gestes qui contribuent à créer un environnement plus sûr et plus respectueux », terminent nos experts.
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Un documentaire de la RTBF
Dans le cadre de la campagne HOPE menée par la RTBF et qui vise à sensibiliser à la lutte contre le harcèlement et le cyberharcèlement en milieu scolaire, la journaliste Tatiana Schmitz propose un documentaire intitulé “Viral - Les ados face au harcèlement en ligne” qui raconte le quotidien d’une maman en plein questionnement face au risque de cyberharcèlement qui touche les adolescents. Deux collègues de la Regional Computer Crime Unit de la PJF de Charleroi y témoignent brièvement.
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