Sécurité routière : la chaussée à voie centrale
La chaussée à voie centrale, c’est très certainement une appellation qui doit laisser pantois de nombreuses personnes. Il faut dire que c’est assez récent, assez peu répandu et qu’on n’en pas parlé énormément jusqu’ici.
La chaussée à voie centrale a été ajoutée à notre Code de la route en 2022. Il s'agit d'une chaussée composée d’une voie centrale destinée au trafic motorisé, encadrée par deux bandes latérales dédiées aux modes doux. La largeur de la voie centrale ne permet pas le croisement de deux véhicules. Ceux-ci sont autorisés à emprunter les bandes latérales lors des croisements, sans pour autant mettre en danger les piétons et les cyclistes qui s’y trouvent.
Les bandes latérales sont délimitées par des traits blancs discontinus.
Ces traits blancs discontinus peuvent faire penser à une piste cyclable. Mais ça n’en est pas une, car dans une piste cyclable, on trouve toujours deux lignes discontinues entre lesquelles circulent les cyclistes, alors que dans les bandes latérales de la chaussée à voie centrale, il n’y en a qu’une seule.
Situées de part et d'autre de la voie centrale, ces bandes latérales sont réservées aux cyclistes et autres modes doux (trottinettes, piétons si besoin). Elles ne constituent pas des pistes cyclables officielles, mais les cyclistes ont l'obligation de les emprunter.
Autrement dit, la chaussée à voie centrale est un endroit où les automobilistes et autres motocyclistes doivent rouler au centre tant qu’il n’y a personne à croiser. Ils ne peuvent circuler que la bande latérale que lors d’un croisement.
Ceci ne semble pas pas simple à respecter psychologiquement, comme on le constate sur le terrain, car peu de conducteur ont la détermination nécessaire pour se tenir à cette consigne. Il faut dire que c’est le seul endroit du réseau où on interdit de serrer à droite à un partie des conducteur.
Quel est la raison de la création de ces chaussées à voie centrale ? L’objectif poursuivi est de réserver un espace aux usagers doux sur des routes plutôt calmes et avec une bonne visibilité sur ce qui vient d’en face. Ce ne sera mis en place sur des routes qui ne sont pas assez large pour installer de véritables pistes cyclables.
A part les lignes discontinues, comment sait-on qu’on a affaire à cette chaussée à voie centrale ?
Même si ce n’est pas obligatoire, les gestionnaires de voirie ajoutent souvent un signal routier explicatif, et peignent parfois les bandes latérales pour qu’elles ressortent mieux.
Commissaire Olivier Quisquater
Police de la Route