Silent Skies 3 : opération internationale coordonnée contre la criminalité organisée transfrontalière dans le secteur de l’aviation générale
Du 23 au 27 septembre derniers, les services de police, des douanes et de sécurité de huit pays européens ont participé à l’opération Silent Skies 3, une action internationale visant à lutter contre l’utilisation du secteur de l’aviation générale par les réseaux criminels.
Cette opération s’inscrit dans le prolongement d’une initiative lancée en 2024 dans le cadre de la coopération Benelux et qui s’est depuis lors développée en une coopération européenne.
L’aviation générale englobe l’ensemble des activités de l’aviation civile qui ne relèvent ni des vols réguliers, ni des vols charters, ni de l’aviation militaire, tels que les vols privés, sportifs, d’instruction et d’affaires.
Ce type de transport aérien peut également être exploité à des fins criminelles, notamment pour le trafic de stupéfiants et d’autres marchandises illicites, ou pour le déplacement de fonds issus d’activités criminelles. Les aéroports de plus petite taille, en particulier, peuvent constituer des cibles attractives en raison de leurs infrastructures et de leurs capacités limitées. L’opération Silent Skies vise à mieux identifier les risques au sein de ce secteur et à y répondre de manière ciblée.
Des vols suspects sélectionnés sur la base d’analyses de risques
Pour cette troisième édition de l’opération Silent Skies, l’accent a été mis sur des vols en provenance notamment d’Amérique du Sud, d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique du Nord‑Ouest et du Canada. Sur la base d’analyses de risques communes, plusieurs vols suspects ont été sélectionnés pour faire l’objet de contrôles approfondis.
Au cours de cette opération de cinq jours, 47 vols ont été identifiés comme suspects et ont été contrôlés par les services de police et de douane dans les pays participants. Lors du contrôle d’un vol privé à l’aéroport de Bruxelles‑National, l’équivalent de plus de 100 000 euros en différentes devises a été découvert et saisi. La Police Judiciaire Fédérale et le parquet de Hal‑Vilvorde ont ouvert une enquête pour blanchiment d’argent.
L’opération Silent Skies 3 a réuni les pays du Benelux, l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande et le Royaume‑Uni, ainsi qu’Europol, Frontex, le Centre d’opération et d’analyse maritime de lutte contre le trafic de drogue (MAOC‑N), l’Organisation mondiale des douanes et la Commission européenne.
La coopération a été coordonnée depuis un centre d’opérations hébergé par la Police nationale néerlandaise, à Maastricht. Des experts de la police, des douanes et des services de sécurité y ont échangé en temps réel des informations sur des mouvements aériens suspects et ont apporté leur appui à l’organisation d’enquêtes et de contrôles conjoints.
D’un projet Benelux à une coopération européenne
L’opération Silent Skies a été lancée en 2024 à l’initiative de la Police Fédérale belge, pendant la présidence de la Belgique de l’Union Benelux. Le projet visait à renforcer la résilience du secteur de l’aviation générale face à la criminalité transfrontalière. Il reposait notamment sur de nouvelles formes d’échange d’informations, d’analyse des risques et de coopération opérationnelle.
Depuis lors, Silent Skies est devenue une coopération internationale et multidisciplinaire. La mise en commun des informations et de l’expertise de différents services et pays permet de plus rapidement identifier les risques et de mieux coordonner les contrôles et les enquêtes.
Les réseaux criminels ne s’arrêtent pas aux frontières nationales. La coopération internationale et l’échange rapide d’informations sont dès lors essentiels pour lutter contre les abus dans le secteur de l’aviation générale.