Qu'est-ce que la violence intrafamilliale et que peut-on faire ?

Violence conjugale

VOUS AVEZ DES DROITS

La violence conjugale est un délit puni par la loi. Celle-ci indique que la violence au sein du couple est punissable au regard du droit pénal même si les partenaires ne sont pas mariés (Article 410 du Code Pénal de la loi du 24 novembre 1997).

QU'EST-CE QUE LA VIOLENCE CONJUGALE ? SUIS-JE CONCERNE(E) ?

La plupart des couples connaissent des disputes occasionnelles. Entre époux, on peut se fâcher sans que cela ait des conséquences graves. La violence conjugale est autre chose. Elle a ses sources dans un souhait de domination de l'autre. Elle doit se comprendre comme un cycle, une succession d'événements, certains apparemment peu importants (insultes, humiliation verbale), d'autres plus graves (gifles, coups, ...). Au fil du temps, les explosions de violence deviennent plus fréquentes, jusqu'à devenir insupportables. Entre ces événements, l'auteur des violences tente de justifier son acte et de le minimiser. Il explique souvent ses gestes par un problème extérieur, comme le stress, l'alcool, le chômage ... Ou alors, il tente de faire croire à la victime qu'elle est coupable, (Elle l'a bien cherché) et souvent, la victime le croit.

CYCLE DE LA VIOLENCE

La violence conjugale passe aussi par des périodes de " lune de miel ", périodes de calme et de réconciliation. L'auteur prend conscience de ses actes et regrette. Il se sent mal, demande pardon, promet de changer et de ne plus recommencer, et surtout assure sa partenaire de son amour. Il va essayer de reconquérir sa partenaire par des cadeaux et des promesses. Le doute s'installe alors chez la victime qui culpabilise et finit par s'excuser, convaincue qu'elle avait mérité cette violence. La victime a alors perdu tant ses repères que l'estime de soi et s'isole de plus en plus.

Les comportements ci-dessous peuvent tous se manifester au cours du cycle de la violence
Il(elle) crie, vous injurie, vous accuse, vous insulte, vous humilie.
Il(elle) adopte des attitudes menaçantes.
Il(elle) fait pression sur vous en vous culpabilisant.
Il(elle) vous force à prendre des décisions contre votre grè.
Il(elle) ne vous donne pas ou pas assez d'argent pour le ménage.
Il(elle) manipule les enfants.
Il(elle) prend des décisions importantes sans vous consulter.
Il(elle) vous tourne en ridicule devant d'autres personnes.
Il(elle) dit du mal de votre famille et de vos ami(e)s.
Il(elle) ment.
Il(elle) est excessivement jaloux(se).
Il(elle) ne respecte pas ce qui a été décidé.
Il(elle) n'assume pas sa part de responsabilité.
Il(elle) nie ou minimise ses actes violents.
Il(elle) prétend qu'il(elle) est violent(e) par votre faute.
Il(elle) s'oppose à ce que vous travailliez å l'extérieur.
Il(elle) vous reproche vos dépenses.
Il(elle) consomme des drogues et boit trop d'alcool.
Il(elle) menace de se suicider ou de se faire du mal.
Il(elle) menace de dire ou de faire des choses qui auraient des conséquences fâcheuses.
Il(elle) vous empêche de rendre visite à des ami(e)s, des parent(e)s.
Il(elle) contrôle vos appels téléphoniques.
Vous devez avoir son autorisation pour vous rendre dans certains endroits, il(elle) vous en interdit d'autres.
Il(elle) profère des menaces contre vous ou d'autres personnes.
Il(elle) arrive à l'improviste ou vous appelle sans cesse au téléphone.
Il(elle) vous surveille ...

IL FAUT EN PARLER

Pour sortir de l'isolement, connaître vos droits, faire le point. Pour vous protéger ainsi que vos enfants, en cas de récidive. A qui ? A un membre de votre famille, un(e) ami(e), des collègues qui vous écouteront avec bienveillance et sans vous juger, qui vous aideront à y voir plus clair. Si vous ne voyez personne avec ce profil dans votre entourage, parlez-en à des professionnels, de préférence à un centre spécialisé en violence. On vous y proposera une aide administrative, sociale, juridique et psychologique ainsi qu'un hébergement en maison d'accueil avec adresse confidentielle si vous vous sentez en danger. Les services d'aide aux victimes offrent sur simple demande une aide psychologique et une aide dans les démarches d'ordre administratif, social et juridique. D'autres centres d'aide aux femmes en difficulté pourront aussi vous proposer un soutien psychologique, des conseils et, selon le centre, un hébergement provisoire. Les centres de planning familial vous offriront une écoute et une aide psychologique et parfois médicale. Un médecin vous offrira un cadre de confiance, et délivrera un certificat médical attestant votre état physique et psychologique suite aux violences subies. Vous pouvez aussi contacter la police : il existe dans chaque zone de police un service d'assistance aux victimes, dont le personnel a suivi une formation spécialisée pour répondre à vos questions.

PORTER PLAINTE

Si vos efforts sont restés vains, il faudra peut-être décider d'engager une action en justice, pour assurer votre sécurité et celle de votre famille. Vous pouvez porter plainte dans n'importe quel commissariat de police. Dans le cadre de la procédure qui découlera de votre plainte, des photographies peuvent être utiles. Pensez donc à rassembler les preuves de la violence de votre conjoint(e).

Quelles sont les conséquences du dépôt d'une plainte ? Le policier doit dresser un procès-verbal et en référer au parquet. Ensuite, il vous expliquera ce qui va se passer pour vous et l'auteur. Vous pouvez bénéficier de l'aide d'un(e) assistant(e) social(e) (Service d'aide aux victimes). Selon l'appréciation du parquet :

  • l'intéressé sera entendu par la police, remis en liberté mais avec un suivi, le magistrat décidant ensuite de poursuivre ou de classer,
  • l'intéressé sera mis à disposition du parquet qui lui rappellera ce que prévoit la loi et ce qu'il risque, et, suivant sa réaction, il sera remis en liberté et/ou à la disposition d'un service de médiation,
  • le juge d'instruction donne un signal fort, décide d'une mise en liberté avec conditions (éloignement du domicile, obligation de se soigner, etc..),
  • Le Procureur du Roi décide d'une mesure d'éloignement urgente et immédiate, avec interdiction de contact avec la victime, pour une durée de 10 jours avant le passage devant le juge des familles,
  • mandat d'arrêt sera décerné.

N.B.: Vous ne souhaitez pas porter plainte ? Faites alors consigner les faits. Ceci n'entraîne pas de poursuites judiciaires d'office (à moins que les faits soient graves) mais pourrait vous être utile ultérieurement.

Source : Amnesty International.

Vous n'avez pas trouvé de réponse à votre question? Contactez-nous via le formulaire de contact.