Le couloir de secours désormais obligatoire !

Depuis le 1er octobre 2020, dès qu’une file se forme, les automobilistes doivent spontanément créer un couloir qui permet de raccourcir les temps de trajet des services de secours. Comment faut-il réagir ? Sur les autoroutes et les axes urbains également ?

Ce couloir de secours est déjà présent, depuis parfois très longtemps, dans les législations d’autres pays européens comme l’Allemagne, le Luxembourg, la Suisse, etc. Il permet aux services de secours de ces pays de gagner un temps précieux lors de déplacements dans les bouchons.  

Dans le texte légal belge (1), le couloir de secours est défini comme : dans une file, l’espace libre entre deux bandes de circulation qui peut être utilisé par les véhicules prioritaires {…} lorsque la nature de leur mission le justifie.

Comment doivent réagir les automobilistes ?

En cas de formation de file (2), les conducteurs doivent désormais créer ce couloir de secours dès lors qu’ils circulent sur une route comportant au moins deux bandes de circulation dans le sens suivi.

Concrètement, les conducteurs circulant sur la bande de gauche doivent serrer le plus possible à gauche, et ceux circulant sur la bande de droite doivent serrer le plus possible à droite (3).

Couloir de secours Contacts                                                                                              Couloir de secours - © Contacts 

Si la chaussée comporte plus de deux bandes de circulation, les conducteurs qui circulent sur la bande de gauche serrent à gauche tandis que ceux qui circulent sur les autres bandes serrent à droite, de manière à créer un couloir de secours entre la bande de gauche et les autres. Par exemple, si on est sur une route à trois bandes, l’obligation de serrer à droite concerne donc les véhicules situés sur la bande centrale et la bande de droite.

A réaliser spontanément dès qu’une file se forme

Le point le plus important à retenir pour le conducteur est que le couloir de sécurité est à réaliser spontanément. Il ne faut pas attendre qu’arrive un véhicule prioritaire pour penser à se ranger du côté demandé, il faut le faire d’office à la formation d’une file. Si les usagers attendent l’arrivée d’un véhicule prioritaire pour lui faire de la place, cela ne représente pas un gain de temps pour le véhicule de secours, qui sera souvent ralenti, le temps que chaque véhicule situé devant lui, soit en mesure de lui ouvrir le chemin. Il va donc falloir que le conducteur belge acquière rapidement cet automatisme au même titre que les conducteurs allemands, luxembourgeois, suisses, autrichiens, etc.

Soulignons que ce système n'est pas limité aux autoroutes et grandes nationales, il doit s’appliquer qu’il y ait ou non une bande d’arrêt d’urgence. Sur un axe urbain comportant deux bandes ou plus, comme la petite ceinture à Bruxelles, il faudra donc également créer ce couloir de secours en cas de file.

Les motocyclistes doivent normalement participer à la création de ce couloir de secours, mais comme le texte les autorisant à remonter les files reste d’application, ils pourront également emprunter celui-ci, à condition de céder le passage aux véhicules prioritaires et toujours en respectant les limites de vitesse qui leur sont imposées, à savoir maximum 20km/h plus vite que les véhicules de la file dépassée et sans jamais dépasser 50km/h au compteur.

Quid de la bande d’arrêt d’urgence ?

Mais qu’en est-il alors de la bande d'arrêt d'urgence (BAU) ? Elle peut toujours bien entendu être utilisée par les services de secours, mais les services d'urgence souhaitent aussi disposer de cette autre option qui est de passer entres les files. Car la BAU est régulièrement encombrée par des véhicules en panne ou accidentés, elle recueille aussi les débris chassés des voies de circulation, et parfois, elle est même supprimée ou rétrécie au profit de l'ajout d'une bande de circulation supplémentaire ou d'une bande spéciale pour l'heure de pointe (p.ex. E40 de Bruxelles vers Leuven par exemple).

La BAU reste par contre la solution pour les dépanneuses et les personnes appelées par le ministère public ou par la police fédérale ou la police locale pour se rendre sur les lieux d’un accident le long de ou sur l’autoroute, car ces dernières n’ont pas l’autorisation d’utiliser le couloir de secours.

Le non-respect de cette nouvelle règle constitue une infraction de premier degré (peine minimale : une perception immédiate de 58€). Mais l’obligation de céder le passage à un véhicule prioritaire avec feux bleus et sirène allumés reste aussi d’application (infraction de 3e degré – 174€ minimum).

(1) https://www.code-de-la-route.be/textes-legaux/sections/ar/code-de-la-route/100-art2

et https://www.code-de-la-route.be/textes-legaux/sections/ar/code-de-la-route/109-art9 

(2) La notion de file n’est pas définie dans le code de la route mais on peut considérer que lorsque la circulation est fortement ralentie à cause de travaux, d’un accident, de la densité du trafic, etc., on est dans les circonstances qui nécessitent d’appliquer le couloir de secours.

(3) Le texte légal n’indique pas qu’il est autorisé d’empiéter sur la BAU pour réaliser le couloir de sécurité. A priori, c’est donc interdit. Mais l’obligation de céder le passage à un véhicule prioritaire en mission prioritaire persiste, et dans ce cas, il sera peut-être nécessaire, en fonction de la taille du véhicule de secours qui se présente effectivement, de se ranger tout de même à cheval sur la BAU.

Commissaire Olivier QUISQUATER - 
Police fédérale de la route - Editeur expert police de l’émission Contacts 

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