📜 Déclaration de Personne Lésée : quels avantages ? 📜

Dans le cadre de la procĂ©dure judiciaire, il est possible de "se dĂ©clarer personne lĂ©sĂ©e". 
Cela permet au plaignant d’être reconnu comme "victime" par la justice et d’avoir un regard sur le cheminement de sa plainte. De quoi s’agit-il ?

On constate que certaines victimes n’optent pas d’emblée pour la signature de ce document 📜🖊️, se privant de la sorte de droits y relatifs. Le verbalisant aura donc à cœur d’expliquer les avantages qu’il y a à signer cette déclaration qui permet au citoyen d’être acteur de la procédure engagée à la suite de sa plainte[1].


Pourquoi signer une DPL ? 

ConfrontĂ© aux questions d’une victime concernant la DPL, le verbalisant mettra l’accent sur deux Ă©lĂ©ments :

  • Se dĂ©clarer personne lĂ©sĂ©e n’entraĂ®ne aucune consĂ©quence nĂ©gative sur le plaignant (Ă  la diffĂ©rence parfois de la constitution de partie civile[2]) ;
  • Se dĂ©clarer personne lĂ©sĂ©e est une façon d’indiquer au magistrat que la victime fait usage de son droit d’être tenue au courant de ce que devient sa plainte, e.a.
     

Il convient aussi d’expliquer Ă  la victime ce que la DPL peut lui apporter e.a. :

  • D’être tenue au courant du devenir de la plainte (classement sans suite et motifs, mise Ă  l’instruction, renvoi devant une juridiction de jugement, date d’audience…)
  • De faire joindre au dossier tout document qu’elle estime utile
  • Le droit de demander Ă  consulter son dossier et d’en obtenir une copie
  • Le droit d’avoir accès Ă  son dossier et d’enlever copie lors du règlement de procĂ©dure en cas d’instruction.
     

Le statut de personne lĂ©sĂ©e est Ă  mi-chemin entre celui de « simple Â» plaignant et celui de « partie civile Â».
Notons que la DPL signĂ©e ne donne toutefois pas le droit Ă  l’obtention de dommages et intĂ©rĂŞts, seule la constitution de partie civile peut le permettre. 


A qui proposer la DPL ? 

Le policier doit proposer la DPL à toute personne qui dépose plainte pour tout fait qualifié d'infraction qui la préjudicie. Il aura soin de vulgariser ces termes en les expliquant simplement et clairement au préjudicié.

Les accidents de la route ne permettent pas toujours d’emblĂ©e de diffĂ©rencier l’auteur de la victime, ni de dĂ©terminer qu’une infraction a Ă©tĂ© commise. Toutefois, la signature de la DPL sera obligatoirement proposĂ©e aux personnes suivantes : conducteur, cycliste, cyclomotoriste, motocycliste, passager, piĂ©ton et propriĂ©taire.

Ajoutons que la signature de DPL sera également proposée à toute personne autre que la victime, tel un témoin et/ou un civilement responsable, qui démontre un préjudice lié à l’infraction dénoncée.
En revanche, dans le cas d’un P.-V. simplifiĂ©, la DPL ne sera pas proposĂ©e pour cause de « non-suite rĂ©servĂ©e Â» Ă  ce type de procès-verbal (sauf exceptions, ex. auteur identifiĂ©).

La victime qui ne souhaite pas signer la DPL ou demande Ă  y rĂ©flĂ©chir, a toujours le droit d’accĂ©der Ă  ce statut par la suite. Un refus au moment de l’audition ne ferme donc pas la porte au statut de personne lĂ©sĂ©e. 


Par quels biais une DPL peut-elle ĂŞtre transmise au Parquet ?

  • Directement jointe au PV lors de l’audition ;
  • Par la victime qui aura ensuite optĂ© pour ce statut de PL directement au secrĂ©tariat du Parquet ;
  • Par l’intermĂ©diaire de l’avocat ;
  • Par envoi recommandĂ© au secrĂ©tariat du Parquet ;
  • Par dĂ©pĂ´t au bureau de police. 


Conclusion 

La DPL est un instrument destiné à garantir et défendre les droits des victimes et à les inclure de plein chef dans une procédure complexe et souvent mal comprise. En corollaire, comme premier intervenant, il revient au policier d’expliquer à la victime comment obtenir une pleine reconnaissance de son statut, au sein de cette procédure.


Pascale SAUSSEZ-BAVIER
Criminologue
Service d’Assistance aux Victimes – Zone de Police Boraine

[1] La « DĂ©claration de personne lĂ©sĂ©e Â» et, plus pratiquement, son usage, ont fait l’objet de divers remaniements dans la Col 5/2009. Nous n’aborderons pas ici ces modifications mais observerons l’usage actuel de cet outil.

[2] La constitution de partie civile, si elle est initiĂ©e par la victime devant un juge d’instruction, mais que le demandeur « succombe Â» dans sa demande, peut donner lieu Ă  une condamnation Ă  des indemnitĂ©s dues Ă  l’auteur prĂ©sumĂ© voire Ă  l’Etat (dans le cadre d’une procĂ©dure dite « tĂ©mĂ©raire et vexatoire Â» ou d’un abus de procĂ©dure).

Source :

SécuNews

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