A propos

La problématique des abus sexuels sur les mineurs d’âge, c’est un sujet qui a profondément
secoué le pays dans la foulée de l’affaire Dutroux. C’est de ce moment que date la prise de
conscience d’un fléau contre lequel il convient de lutter tout en préservant, du moins en tentant
de préserver au maximum les victimes. Pour éviter les successions d’interrogatoires souvent
perturbants pour les victimes, l’utilisation des techniques d’enregistrement s’est généralisée et
a bénéficié d’un encadrement légal. A Charleroi, la construction du nouvel hôtel de police a été
l’occasion de concevoir un local d’audition qui répond à toutes les exigences de ce difficile
exercice.
Le local TAM (techniques d’audition de mineurs) se trouve au 11ème étage de la tour. Le local,
équipé de caméras, a été conçu pour ne pas trop impressionner les mineurs qui sont appelés à y
être entendus. Des fauteuils plutôt que des chaises, pas besoin de table ou de PC. Une régie
technique se trouve dans la pièce attenante, en communication forcément étroite avec le local
d’audition. Rien n’a été laissé au hasard dans l’agencement des lieux. Et les statistiques
d’utilisation ne font que confirmer l’utilité de ce local d’audition pour mineurs. Il y a plusieurs
auditions par semaine, voire une par jour à certaines périodes.
Les policiers formés aux TAM sont au nombre de neuf à Charleroi. Ils sont affectés à la police
judiciaire locale et sont les seuls de la zone à pouvoir réaliser ce type d’audition. Entendre un
mineur qui a été victime de violence ou d’abus sexuels n’est pas une sinécure : la charge émotive
est évidemment importante mais de plus, on n’interroge pas un enfant comme on interroge un
adulte. Il faut tenir compte du langage corporel, des attitudes, des mimiques. Il faut aussi plus
souvent gérer des crises : les mineurs sont très fragiles, nerveusement, mentalement, ils
explosent plus facilement. Souvent les victimes souffrent aussi de handicaps, physiques ou
mentaux.
Le travail d’audition enregistrée, qui vise avant tout à préserver la victime, peut donc être
visionné lors de l’audience en justice en cas de procès, c’est dire l’intérêt stratégique d’une telle
audition.
De l’avis général, le local TAM de Charleroi est un modèle du genre, particulièrement
performant pour les auditions si particulières pour lesquelles il a été conçu.