Repérer la violence psychologique entre partenaires, aider la victime

Humiliation, insultes, contrôle des amis sur Facebook, vêtements imposés, isolement, la violence psychologique s’ancre dans nombre de petites agressions. Elle se manifeste par de la dévalorisation, des menaces, la manipulation des enfants. 

Mais aussi de la provocation, des intimidations, des brimades, une surveillance étroite, la limitation des mouvements, du chantage, des interdictions exagérées, etc.

© Secunews

Une escalade dans les pressions psychologiques



L’institut pour l’égalité des femmes et des hommes constate que dans la violence conjugale, les pressions psychologiques sont prépondérantes : la violence verbale est de loin la plus fréquente, suivie par les intimidations et puis les coups. La littérature décrit cette escalade : d’une violence psychologique, on passe à de la violence verbale, puis envers les objets, pour en venir aux agressions physiques ou sexuelles, voire à l’homicide.



La violence psychologique doit être comprise comme un cycle. Un cercle vicieux de phases successives. D’abord l’agresseur installe un climat de tension, ensuite vient le temps de la crise où il passe à l’action. Puis, justifications et déresponsabilisation de l’agresseur désemparent l’agressé, pour faire place à une «lune de miel» où regrets et promesses font penser que tout ira mieux. Avant de basculer à nouveau dans un climat de tension. Et la boucle est bouclée.





Intervenants : être attentifs à certains signes



Les victimes ont de grandes difficultés à chercher de l’aide. Parce que la peur les paralyse. Notamment par crainte de représailles.



D’autres freins sont à l’œuvre : culpabilité, regard des autres, secret espoir que cela cesse, ignorance de ses droits, etc. Dès lors, c’est à l’intervenant d'identifier les signes d’une violence domestique : blessures, douleurs, traumatisme physique qui ne correspondent pas à l’explication donnée quant à leur cause.

Ou encore : consultations répétées avec plusieurs intervenants, troubles anxieux et dépressifs, repli sur soi, sursauts, troubles du sommeil, perte d’appétit, troubles de la concentration, abus de substances psychotropes. Des propos dévalorisants ou condamnatoires, un ou une partenaire trop présent, répondant à la place de la victime pourront aussi éveiller l’attention. Sans que la relation puisse être faite avec certitude, ces signes demandent indubitablement investigation.



La meilleure façon de déceler des sévices consiste à poser des questions. Facile à dire ! Car pour l’intervenant, des difficultés peuvent se poser : parce qu’il y a identification avec l’un des protagonistes, parce qu’il y a difficulté de voir les signes de violence par manque de formation, parce qu’il est gênant de s’immiscer dans la vie privée d’autrui, ou parce que la surcharge de travail affecte la qualité d’écoute. Les conditions de travail ne sont donc pas toujours propices à la détection des premiers signes de violence, surtout si celle-ci est essentiellement psychologique.





Des solutions existent



Parmi les informations utiles sur le net, relevons nos précédents conseils, le site de l’asbl Praxis et celui de violencequefaire.ch.

Praxis offre, entre autres, des formations aux intervenants, tandis que le site suisse violencequefaire guide l’internaute, agresseur, agressé ou proche, dans les actions à entreprendre.



Rappelons aussi la ligne téléphonique gratuite Ecoute Violences conjugales 0800 30 030



Ainsi que l’existence, dans chaque zone de police, d’un service d’assistance aux victimes, dont le personnel spécialisé est à l’écoute des personnes concernées, même dans le cas où aucune plainte n’est déposée. Aide psychologique, conseils pratiques et renseignements, ce service aide les victimes à s’y retrouver dans le monde de la police et de la justice, du règlement des dommages ou lors de la procédure prévue dans le cadre de la Commission pour l’aide financière aux victimes d’actes intentionnels de violence.



Rappelons que certains faits relevant des violences conjugales peuvent aussi être punis. Il en est ainsi pour les lésions corporelles et l’homicide volontaires (ex : coups) pour lesquels le législateur a augmenté la peine lorsqu’ils sont commis envers l’époux, le cohabitant ou la personne avec laquelle l’auteur entretient ou a entretenu une relation affective et sexuelle durable. Il pourrait en être de même lorsque ces faits sont de nature sexuelle (ex : viol) car des relations sexuelles acceptées supposent un consentement qui ne sera jamais acquis si elles ont lieu sous la menace, les violences physiques ou psychologiques voire  la contrainte. Enfin, la loi prévoit aussi une possibilité d’interdiction temporaire de résidence (voir article précédent en référence).





Sandrine MATHEN 

Licenciée en psychologie



Pour aller plus loin :

Regards croisés sur la violence entre partenaires intimes

https://politeia.be/fr/publications/353325-regards+croises+sur+la+violence+entre+partenaires+intimes+papier+sans+abonnement

https://www.secunews.be/fr

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