Quatre suspects condamnés dans une affaire d'abus sexuels sur mineurs, l'enquête internationale se poursuit

BRUXELLES, 31/03/2020. - Cinq suspects ont comparu aujourd'hui devant le tribunal correctionnel de Flandre orientale, section Termonde, dans le cadre d'une vaste enquête sur des abus sexuels sur mineurs. Suite à cette affaire, une enquête internationale est actuellement en cours pour retrouver d'autres consommateurs et victimes d'images d'abus sexuels sur mineurs dans pas moins de 44 pays.

Enquête sur les auteurs-clés
Le tribunal correctionnel de Flandre orientale, section Termonde, a statué aujourd'hui sur l'une des plus grandes affaires d'abus sexuels sur mineurs jamais connues. L'affaire a été révélée en 2015, suite à l'arrestation d'un homme qui avait pris des photos d'enfants nus jouant sur la plage. La zone de police VLAS (Kortrijk – Kuurne – Lendelede) a alors ouvert une enquête approfondie et a découvert des supports numériques contenant des images d'abus sexuels de mineurs. Les enquêteurs ont également constaté que leur suspect entretenait des contacts avec un homme de Wetteren, avec lequel il échangeait des images.

À la demande expresse du parquet de Flandre orientale, la Police Judiciaire Fédérale (PJF) de Flandre orientale a ouvert une enquête sur le suspect de Wetteren. Sur ordre du juge d'instruction de Termonde, une perquisition a été effectuée dans la maison de cet homme et environ 15 térabytes (TB) d'images ont été trouvés. Une enquête approfondie a permis d'identifier trois autres suspects importants.  

Aujourd'hui, le tribunal de Termonde a rendu un verdict accordant des peines de prison à quatre suspects. Un collège d'experts a été désigné pour l'un des suspects.  

Coopération internationale  
Comme il s'agissait de pas moins de 15 TB de fichiers et de nombreux contacts via le dark web, il a fallu élargir l'équipe d'enquêteurs initiale et mettre en place une coopération internationale. Tant la PJF de Flandre occidentale que la ZP VLAS ont prêté main-forte à la PJF de Flandre orientale. En interne, l'équipe d'enquêteurs de la PJF de Flandre orientale a pu bénéficier de l'appui, entre autres, de la Computer Crime Unit régionale (RCCU), de l'équipe « médias sociaux » et d'un analyste criminel, ainsi que du service central Traite des êtres humains de la Police Fédérale. Au niveau international, Europol a apporté une contribution majeure à l'analyse des données. Interpol s'est chargée de diffuser les messages aux collègues en dehors de l'Europe.

Grâce aux collègues d'Europol, qui avaient déjà une grande expertise dans le domaine des abus sexuels sur mineurs, il a été établi que les fichiers numériques découverts étaient relativement uniques. Cette quantité d'images et le petit réseau au sein duquel elles étaient partagées est du jamais vu. Il s'agissait d'images d'abus de bébés, de quelques mois à peine, et d'adolescents de 12 à 13 ans. Les enfants victimes étaient principalement de sexe masculin.

Il s'agit de faits particulièrement graves pouvant causer, en plus de blessures physiques, d'importants troubles psychologiques aux victimes, qui sont marquées à vie par ces abus.

Même pour des enquêteurs chevronnés, il n'est absolument pas évident d'être confronté quotidiennement à de telles images et messages répugnants. Cependant, ce travail a été nécessaire pour se former une idée correcte du contenu des images découvertes.

La coopération internationale se poursuit en vue d'identifier un maximum de victimes et de suspects, en plus des cinq personnes comparues devant le juge aujourd'hui.  

Recherche de suspects et de victimes en Belgique et à l'étranger
Quand ils analysent les photos et les messages, les enquêteurs tentent d'identifier le plus de victimes et d'auteurs possibles. Les victimes orientent parfois les enquêteurs vers les auteurs et vice versa. Il est très important pour les victimes que les faits soient reconnus et que les auteurs soient interpellés. Elles sont marquées à vie par les abus, qui sont souvent commis par une personne de leur entourage, voire de leur famille.  

La coopération intensive entre l'équipe d'enquêteurs et Europol a permis d'identifier 110 victimes et 90 suspects à ce jour. Dans la mesure où il s'agit d'un réseau mondial, la coopération avec des services de police et de justice étrangers est cruciale.  

Les informations pertinentes ont été transmises à plusieurs pays afin qu'elles puissent y faire avancer les enquêtes en cours ou donner lieu à de nouvelles enquêtes. Au total, plus de 40 pays étaient destinataires de ces informations et des suspects ont déjà été condamnés dans certains d'entre eux. En Australie, par exemple, un suspect a été condamné à une peine de prison de 15 ans. En Belgique, 24 nouveaux suspects ont déjà été identifiés, dont certains ont déjà été arrêtés.  

Étant donné que des enquêtes sont encore en cours, aucune autre précision ne peut être donnée sur ce dossier. Les suspects sont toujours recherchés, ce qui fera sans doute encore croître le nombre d'identifications et d'arrestations, aussi bien en Belgique qu'à l'étranger.

La Police Judiciaire Fédérale (PJF) de la Flandre orientale est une subdivision de la Police Judiciaire Fédérale. Chaque arrondissement du pays compte une PJF, dirigée par un directeur judiciaire. Les membres du personnel qui y travaillent sont spécialisés dans la lutte contre les phénomènes criminels prioritaires tels que le trafic de stupéfiants, la traite et le trafic d'êtres humains, la criminalité économique et financière grave, les groupes d'auteurs itinérants, le terrorisme, etc.