La propagande terroriste en ligne enrayée grâce à la justice et la police belge et une étroite collaboration internationale

25/11/2019, BRUXELLES. - Depuis le 21 novembre 2019, une action internationale est en cours pour enrayer la machine de propagande de l’Etat islamique (EI). La Belgique collabore avec plusieurs autres pays, Europol et Eurojust. Un nombre important de canaux de communication a déjà été fermé. Au total, plus de 26 000 sujets ont été supprimés, y compris des vidéos, des publications, des groupes et des comptes sur les réseaux sociaux.

L’EI est l'une des organisations terroristes qui a développé une infrastructure en ligne robuste, complexe et anonyme. En plus de leurs activités sur le champ de bataille en Syrie et en Irak et des attaques sur le territoire européen, ils se battent également sur le web mondial.

Ces activités de propagande peuvent être directement liées à la radicalisation des citoyens européens, à la revendication et au soutien de diverses attaques sur le territoire européen et à la facilitation des "departers". La Belgique, elle aussi, n'a pas été épargnée par les conséquences de cette lutte de propagande :

- Les attaques dans notre pays ont été revendiquées dans des publications de l’EI
- Les Belges radicalisés avaient accès à cette propagande
- Le lien entre le terrorisme et les activités de propagande a été mis en évidence dans diverses études

Dans la lutte contre l’EI, il est donc important d'arrêter leur machine de propagande. Plusieurs actions coordonnées au niveau international ont déjà été menées dans ce contexte :

- En août 2016, une première attaque a eu lieu sur l'application mobile et l'infrastructure web d'Amaq (le service d'information de l’EI).
- En juin 2017, une deuxième attaque menée par la Garde civile espagnole, avec l'appui d'Europol et des États-Unis, a continué de démanteler leur infrastructure web et confisquer leurs serveurs.
- En avril 2018, sous la direction du Parquet fédéral belge et de la Police Judiciaire Fédérale (PJF) de Flandre orientale et avec le soutien d'Europol, un coup dur a été porté à leur infrastructure web, ce qui a obligé les terroristes à faire appel aux médias sociaux ordinaires et aux fournisseurs de services en ligne.

Le 21 novembre 2019, une nouvelle action internationale a été lancée sous la direction du juge d'instruction belge spécialisé dans la cybercriminalité et le terrorisme et du Parquet fédéral, qui a confié l'enquête à la PJF de Flandre orientale. L'objectif principal de cette action est de stopper les flux actuels de propagande de l’EI.

Au total, plus de 26 000 sujets ont été supprimés au cours de cette action. Il s'agit notamment de vidéos, de publications, de groupes et de comptes sur les réseaux sociaux.

Il est évident que de tels dossiers nécessitent une approche internationale. La Belgique a été soutenue à cet égard par Europol, Eurojust et diverses forces de police étrangères.

Au cours de l'action, le juge d'instruction belge, le Parquet fédéral et la PJF ont été coordonnés depuis un poste de commandement d’Europol (situé à La Haye). L'Unité spéciale Internet (IRU) d'Europol a collaboré avec divers fournisseurs de services en ligne afin qu'ils puissent supprimer de leur plate-forme les informations ou comptes liés à l’EI.

L'enquête se poursuit.

L'importante coordination d'Europol, l'excellente coopération entre les différents pays et l'assistance d'Eurojust ont permis de porter, sous la direction de la Belgique, un coup dur au réseau de propagande de l’EI.