Interpellation de 5 suspects de trafic d'êtres humains le long de la E17

BRUXELLES, le 29/08/2019. – Dans la nuit du 21 au 22 août, une action policière de grande ampleur a eu lieu le long de l’E17, sur le parking de Kalken, dans le cadre d’une vaste enquête ciblant une bande de trafiquants d’êtres humains. A la suite de l’intervention des Unités spéciales de la Police Fédérale, d’un contrôle approfondi mené par la Police Locale et la Police Fédérale sur le parking de Kalken et de perquisitions à Schaarbeek ainsi qu’au centre de rapatriement 127bis, cinq membres présumés de la bande ont été interpellés. Quatre des auteurs présumés ont été placés sous mandat d’arrêt par le juge d’instruction de Termonde. L’opération a également permis d’interpeller 33 transmigrants qui s’étaient cachés dans des camions.

Une enquête intensive visant une bande de trafiquants d’êtres humains

Étant donné l’interception régulière de transmigrants aux abords de l’aire d’autoroute de Kalken, le long de l’E17, le parquet de Flandre orientale a chargé la Police Judiciaire Fédérale (PJF) de Flandre orientale d’ouvrir une enquête sur ces faits. Une première enquête a permis d’établir qu’une bande se livrait, à cet endroit, au trafic de transmigrants, pour la plupart originaires d’Érythrée et d’Éthiopie. Au vu de la gravité de la problématique, le parquet de Flandre orientale a requis le juge d’instruction de Termonde.

L’objectif de l’enquête judiciaire était de mettre au jour l’organisation, laquelle gagnait énormément d’argent grâce à ce trafic organisé. Malgré les précautions qu’elle prenait pour ne pas être découverte, la bande a finalement pu être démasquée au terme d’une enquête intensive.

Les membres de la bande vivaient en région bruxelloise. Ils emmenaient les migrants en train au départ de Bruxelles jusqu’à la gare de Beervelde. De là, ils gagnaient le parking de Kalken, où ils s’introduisaient dans des camions faisant route vers le Royaume-Uni. À bord des poids lourds, les migrants devaient rester cachés dans les cargaisons. Les victimes étaient aussi bien des hommes que des femmes et des adolescents, en provenance d’Érythrée et d’Éthiopie.

Arrestation des membres de la bande

Dans la nuit du 21 au 22 août, une action policière de grande envergure a été organisée afin d’intercepter les suspects pendant qu’ils se livraient à leurs activités. L’étroite collaboration mise en place entre les services de la Police Fédérale et la zone de police Regio Puyenbroeck, qui est régulièrement confrontée à des nuisances causées par des transmigrants, a permis d’appréhender à la fois des membres de la bande et des transmigrants.

Deux membres présumés de la bande ont été arrêtés sur place grâce à l’appui des Unités spéciales de la Police Fédérale. Appuyés par un hélicoptère de police et des chiens pisteurs, la Police Locale et la Police Fédérale ont ensuite organisé un contrôle approfondi sur le parking de Kalken ainsi qu’aux abords de celui-ci (action « Transpark »). L’opération a débouché sur l’interpellation de 33 transmigrants, qui s’étaient dissimulés dans la cargaison de trois camions.

Outre l’action de Kalken, deux perquisitions ont été menées à Schaerbeek, le lieu de résidence des membres de la bande. Ces opérations ont permis l’arrestation d’un troisième suspect ainsi que la découverte et la saisie d’importantes sommes d’argent (plus de 10 000 euros).

Précédemment, deux suspects dans ce dossier avaient déjà été arrêtés pour séjour illégal par d’autres services de police et avaient été transférés au centre de rapatriement 127bis de Steenokkerzeel. Le 27 août, leur logement y avait fait l’objet d’une fouille et, le mardi 28, les deux suspects avaient été déférés devant le juge d’instruction de Termonde, qui en avait placé un des deux sous mandat d’arrêt. L’autre suspect avait été ramené au centre 127bis en vue de son rapatriement en Norvège.

Au total, cette action a donc abouti à l’interpellation de cinq suspects de nationalités érythréenne et éthiopienne, lesquels ont été déférés devant le juge d’instruction de Termonde. Celui-ci a décidé de placer quatre d’entre eux sous mandat d’arrêt ; le cinquième a été rapatrié en Norvège.

Trafic d’êtres humains le long de la E17

La Belgique est un pays de transit pour les migrants qui veulent rallier le Royaume-Uni. Ceux-ci recourent la plupart du temps à des camions comme moyen de transport, avec la complicité ou non des chauffeurs. En Flandre orientale également, les aires d’autoroute sont utilisées par les trafiquants d’êtres humains, qui y font monter leurs « clients » à bord de poids lourds. Les services de police locaux et fédéraux organisent régulièrement des actions pour lutter contre cette problématique ; des équipes de gardiennage sont par ailleurs fréquemment déployées sur les parkings.
 
Pour de plus amples informations sur cette action, les médias peuvent prendre contact avec le commissaire divisionnaire Patrick Willocx, de la PJF de Flandre orientale, au numéro +32 474 653 692 ou avec le magistrat de presse Annelies Verstraete, du parquet de Flandre orientale, au numéro +32 470 25 88 99.