Des escrocs s’en prennent aux parents d’enfants disparus

BRUXELLES, 17/12/2020. - La Police Fédérale a constaté, dans plusieurs dossiers de disparition, que des escrocs entraient en contact avec la famille de la victime et tentaient de profiter financièrement de leur inquiétude, leur chagrin et leur désespoir. C’est ce qui est arrivé à Lilium Velghe, dont le fils Kevin Vanneste a disparu en Corse, et qui a ainsi été approchée par des escrocs.

« Si je voulais revoir mon fils en vie, je ne devais pas contacter la police »

Modus operandi

Les escrocs contactent un membre de la famille de la personne disparue en utilisant un numéro de téléphone étranger et inconnu, via l’application WhatsApp, lorsque l’enquête est en cours depuis un certain temps. Ils affirment alors qu’ils ont enlevé la personne, qu’elle est en bonne santé mais a considérablement maigri, et qu’ils la retiennent prisonnière. En échange d’une somme d’argent (pouvant atteindre environ 10 000 à 25 000 euros), la victime serait relâchée. En outre, ils menacent de s’en prendre à la personne détenue s’ils n’obtiennent pas l’argent. Les escrocs interdisent aux membres de la famille d’informer la police.

Ils exigent que le paiement soit effectué par l’intermédiaire de Western Union ou Neosurf.

  • Western Union permet de transférer de l’argent liquide à une personne, où qu’elle se trouve dans le monde. L’utilisateur dépose un montant dans un point de vente de la société et doit, en outre, mentionner dans quelle agence ce montant sera récupéré. Ensuite, l’application lui communique un code qu’il doit transmettre au bénéficiaire du montant. Ce dernier l’utilisera pour récupérer l’argent.
  • Neosurf est un nouvel outil de paiement en ligne. Vous achetez une carte de crédit digitale sur laquelle vous versez un certain montant. Ensuite, vous transférez le code de la carte à une autre personne, qui pourra utiliser ce montant pour réaliser des achats sur Internet. Les escrocs demandent d’envoyer une photo du code de la carte Neosurf via WhatsApp.

Une enquête a révélé que les escrocs opèrent depuis l’Afrique. Après plusieurs menaces, lorsqu’ils se rendent compte que le paiement n’a pas été effectué, ils finissent par abandonner.

« Nous savons où est votre fils. »

En septembre 2018, Kevin Vanneste, alors âgé de 29 ans, a disparu en Corse. Il ne s’est plus manifesté depuis. Sa mère, Lilium Velghe, a elle aussi été approchée par des escrocs via WhatsApp. Dans un message rédigé en français, ils prétendaient détenir des informations sur la disparition. Ils ont exigé un transfert de 10 000 euros en échange de celles-ci et ont ajouté que Lilium devait éviter de parler à la police si elle voulait revoir son fils en vie.

« Évidemment, vous paniquez lorsque vous recevez un message pareil », raconte Lilium. « D’un côté, je sentais que quelque chose clochait. Mais d’un autre, je voulais avoir la certitude, la garantie que ces personnes ne détenaient pas Kevin. On ne sait jamais... » Malgré ses hésitations et son incertitude, Lilium a pris la bonne décision : Elle a immédiatement contacté la cellule Personnes disparues et le service d’assistance aux victimes pour leur faire part des événements et leur demander conseil. Le service Intégrité physique de la Police Judiciaire Fédérale de Flandre occidentale a ouvert une enquête qui a démontré qu’il s’agissait d’escrocs actifs depuis la Côte d’Ivoire.

En racontant son expérience, Lilium désire sensibiliser d’autres victimes potentielles. « Ayez confiance en la police, osez la contacter si vous pensez que l’on vous escroque. Osez en parler. » Elle comprend que cela n’est pas toujours évident. Elle conseille à ceux qui ne se sentent pas capables d’aller voir la police d’en parler avec une personne de confiance. « Ensuite, celle-ci peut à son tour informer la police ».

Trop beau pour être vrai

Dans bon nombre de cas, lorsqu’une (grosse) somme d’argent est demandée ou exigée, et que le transfert doit se faire par une méthode de paiement inhabituelle, il s’agit d’une escroquerie. En l’occurrence, les escrocs abusent de l’inquiétude, du désespoir et de la tristesse des membres de la famille de la personne disparue, dans l’espoir d’en profiter financièrement. D’autres formes d’escroquerie ciblent souvent des personnes vulnérables. C’est par exemple le cas de la fraude à l’amitié. Vous doutez de la sincérité d’un message (en ligne) ? Demandez conseil à la police.