22.000 heures d’enquête et 40 perquisitions : la PJF de Charleroi porte à son tour un sérieux coup au crime organisé

Une quarantaine de perquisition ont eu lieu ce matin à travers le pays. La Police Judiciaire Fédérale de Charleroi en charge des opérations réalise ici une opération d’envergure quelques semaines après ses consœurs de Liège, du Limbourg, d’Anvers et de Bruxelles. Leurs points communs : découler du décryptage de la messagerie Sky ECC et concerner des dossiers gérés par le Parquet Fédéral visant les milieux de trafic de stupéfiants, voire du terrorisme.

Comm de presse

Sky ECC : une source intarissable avec des répercutions locales

En mars 2021, la Belgique avec la coopération de partenaires européen faisait tomber l’application Sky ECC utilisée par diverses mafias. Les milliards de messages décodés ont permis de largement déstabiliser la criminalité organisée sur le territoire belge.

Aujourd’hui dans le Brabant, à Anvers, à Bruxelles et dans le dans le Hainaut dont à Charleroi, un coup d’arrêt  été porté aux activités de personnes originaires d’Europe Centrale principalement actives en région bruxelloise mais disposant de structures dans diverses communes du pays dont Evere, Rochefort,  Marchienne-au-Pont, La Louvière.

A l’issue d’une quarantaine de perquisitions, une vingtaine de personnes ont été interpelées sans incident. Une vingtaine de véhicules a été saisie, une somme d’argent liquide qui pourrait atteindre 100.000€ (estimation toujours en cours). Une plantation de cannabis est également en cours de démantèlement.  

22.000 heures d’enquête par la PJF de Charleroi pour un succès collégial

L’objectif de l’opération de aujourd’hui, mercredi 1er décembre 2021, ne visait pas à la saisie de marchandise mais l’interruption des activités de l’organisation criminelle alors que celle-ci renforçait son internationalisation et risquait d’échapper à la justice.

L’enquête a nécessité pas loin de 2 500 jours de travail pour les équipes de la PJF de Charleroi : elle a permis de mettre au jour l’existence d’une organisation criminelle soupçonnée d’être active notamment dans la culture et la vente de stupéfiants ou le blanchiment d’argent. L’opération en elle-même a vu environ 250 hommes et femmes de la Police Intégrée déployés sur le terrain. La PJF de Charleroi a pu compter sur l’appui de la Police Fédérale via un renfort de presque toutes les PJF du pays et un soutien de plusieurs unités de la Police Administrative (appui aérien et maîtres-chiens) ; plusieurs zones de polices ont également contribué au succès des opérations. C’est grâce un travail des équipes tendues vers le même objectif que tout s’est déroulé dans les meilleurs conditions sur le terrain.

« Ces dernières semaines, nous avons montré notre capacité à mener des actions marquantes et efficaces sur tout le territoire. Notre lutte coordonnée contre la criminalité organisée sur tout le territoire démontre de la nécessité d’une Police Judiciaire Fédérale forte. » insiste Eric Snoeck, Directeur général de la Police Judiciaire Fédérale.

Du braquage à la cybercriminalité

« Il y a  15 ans, en 2006, nous traitions surtout des dossiers à l’ancienne, de braquages ou de faits de mœurs commis par des auteurs de la région. Aujourd’hui, nous sommes face à une criminalité internationale qui s’établit là où elle veut, en fonction de ses objectifs, et qui emploie des techniques ou des technologies de pointe. La Police Judiciaire Fédérale s’aligne et évolue : à Charleroi nous ne sommes pas en reste et nous le prouvons aujourd’hui. » déclare Pascal Garlement, directeur judiciaire de la Police Judiciaire Fédérale de Charleroi. Une criminalité violente « locale » a cédé la place à des organisations criminelles d’origine étrangère qui investissent les friches industrielles de la région pour les reconvertir en plantation de cannabis.

Le travail des enquêteurs de Charleroi ne s’arrête pas avec cette opération : les suites d’enquêtes vont encore nécessiter un engagement non négligeable de leur part.

 

 

Dans l’intérêt de l’enquête, le Parquet fédéral et la Police Judiciaire Fédérale ne communiqueront pas plus de détails ce jour.